Extrait de Solidaires international N°44 – 28 décembre 2011 (pdf ici)
La Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak s’est réunie à Bagdad à l’occasion des 8 ans de l’organisation. Les travailleurs/ses d’Irak continuent de s’organiser en dépit des attaques généralisées et du poids toujours actuel de la législation antisyndicale de l’ère Saddam.
Dans la région du Kurdistan d’Irak les travailleurs/ses de Taq Taq Oil Operation Company ont des revendications relatives aux conditions de travail et au manque complet d’égalité entre travailleurs kurdes et non kurdes : absence complète de protection contre les risques sur un lieu de travail où le danger constant d’émanations de gaz menace leurs vies. Ils pointent aussi la discrimination entre les Kurdes et les travailleurs expatriés en termes d’équipements de sécurité et de vêtements fournis ainsi que dans les installations tant de nourriture que de repos. Ils signalent des situations qui rappellent l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, les travailleurs expatriés ayant accès à la formation et aux salles de sport sur leur temps libre pendant que les travailleurs locaux se voient refuser l’accès à leur logement ou que les toilettes sont nettement plus vétustes que celles dont bénéficient les expatriés.
Les salaires des travailleurs expatriés sont aussi considérablement plus élevés que ceux versés aux travailleurs kurdes, dont beaucoup sont des universitaires et des diplômés de l’Institut.
La Compagnie d’engrais du Nord, à environ 220 km au nord de Bagdad, a récemment été privatisée. L’entreprise produit des engrais chimiques. Depuis la privatisation les travailleurs ont été confrontés à une détérioration massive de leurs conditions de travail. Ils sont forcés de travailler en heures supplémentaires, nombre de leurs prestations ont été unilatéralement annulées et l’employeur leur refuse de le droit d’adhérer à un syndicat, d’élire leurs délégués.
